Le système de santé français “ne doit pas financer l’homéopathie”

Les experts médicaux et pharmaceutiques français affirment que le système de santé ne devrait plus considérer les médicaments homéopathiques. Pour soutenir leur point de vue, ces derniers avancent qu’il n’y a pas de preuve de leur efficacité.

Tel est le résultat d’un rapport conjoint de la prestigieuse Académie de médecine et de l’Académie de pharmacie. Par ailleurs, le gouvernement centriste du pays envisage de mettre un terme au remboursement des traitements de santé alternatifs.

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En outre, les deux écoles ont également recommandé la suppression des diplômes en homéopathie des facultés médicales.

La médecine alternative en interrogation

Dans une déclaration commune, les experts français ont déclaré qu’aucune préparation homéopathique ne devrait être remboursée par l’assurance maladie. En particulier, cela doit être le cas tant que la preuve d’un bénéfice médical suffisant n’a pas été apportée. Aucun diplôme universitaire en homéopathie ne devrait être délivré par les facultés de médecine ou de pharmacie. Des académiciens ont déclaré que des méta-analyses rigoureuses n’avaient pu démontrer l’efficacité de l’homéopathie.

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Par contre, ils ont admis que l’homéopathie pourrait avoir un effet placebo. Pour le moment, le remboursement de ces produits par la sécurité sociale semble aberrant. Effectivement, pour des raisons économiques, des médicaments qualifiés de « classiques » ne sont plus remboursés. Ils sont plus ou moins considérés comme « ne fonctionnant plus assez bien ».

Une confrontation directe

Dans le rouge, la sécurité sociale française paie un peu moins de 130 millions d’euros d’homéopathie chaque année. Sur un total de 19,9 milliards d’euros de médicaments remboursés, on ne rembourse que 30 % des traitements homéopathiques.

Une année est passée après que l’association nationale des médecins enseignants avait fait des déclarations houleuses. Ce groupement avait affirmé qu’il était incapable de justifier le remboursement des traitements ou de la formation à l’homéopathie. « Il est nécessaire d’abandonner ces méthodes ésotériques, qui appartiennent aux livres d’histoire », ont-ils avancé.

Au même moment, 124 médecins signaient une lettre ouverte attaquant la médecine alternative, dont l’homéopathie. Parmi les propos, ces médecins la qualifiaient comme étant « dangereuse et fantasque… pratiquée par des charlatans de toutes sortes ».

Par la suite, le syndicat national des médecins homéopathes français a déposé plusieurs plaintes officielles contestant ces allégations. Agnès Buzyn, ministre de la Santé, a ensuite pris des mesures. Cette dernière a demandé au conseil médical français d’évaluer l’efficacité de l’homéopathie ainsi que les raisons de son remboursement. La haute autorité de santé devrait donner ses conclusions en juin prochain.

Une tendance qui gagne du terrain

Selon un sondage effectué en début d’année, 72 % des Français pensent que l’homéopathie est bénéfique. Un président de l’un des syndicats de pharmaciens, Gilles Bonnefond a déclaré en direct que ce serait une erreur de cesser les remboursements. De son point de vue, l’homéopathie est utilisée par beaucoup de Français. « Quand on a affaire à des patients, la science n’est pas la seule règle. », a-t-il ajouté.

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