Allocation familiale : à qui est-elle versée, père ou mère ?

Couches, jouets, soins, éducation, les enfants coûtent de l’argent. En Autriche, les aides publiques sont différentes en faveur des familles, mais les allocations familiales sont de loin les plus importantes.

L’allocation familiale, c’est le coup de pouce de l’État autrichien pour alléger le quotidien des parents. Les dépenses liées aux enfants semblent parfois interminables : alimentation, vêtements, logement… Pour amortir ce choc, l’allocation familiale vient compenser les obligations alimentaires des parents. Ce dispositif existe depuis 1955, ancré dans la loi sur l’équilibrage de la charge familiale.

Qui peut bénéficier des allocations familiales ?

En Autriche, le droit à l’allocation familiale dépend de critères précis. Il faut habiter en Autriche avec l’enfant, ou en assumer principalement la charge si l’enfant ne vit pas dans la famille. Sont concernés : enfants biologiques, adoptés, placés, beaux-enfants et petits-enfants.

L’allocation familiale n’est pas conditionnée au revenu ou à l’activité professionnelle des parents.

Voici les catégories de personnes qui peuvent prétendre à cette aide :

  • citoyens autrichiens
  • ressortissants de l’UE/EEE et de la Suisse
  • personnes de pays tiers disposant d’un titre de séjour permanent
  • personnes bénéficiant de l’asile
  • bénéficiaires d’une protection subsidiaire qui travaillent et ne sont pas en service universel

À noter : les citoyens suisses ou de l’UE/EEE perçoivent les allocations familiales du pays où ils travaillent, même si la famille réside dans un autre État membre. Si les deux parents travaillent dans des pays différents de l’UE, c’est le pays de résidence de l’enfant qui verse l’allocation.

Indexation des allocations familiales

Depuis le 1er janvier 2019, le principe d’indexation des allocations familiales s’applique. Concrètement, pour les familles dont les enfants vivent dans un autre pays de l’UE/EEE, le montant est ajusté en fonction du niveau de vie local.

Exemple : Une infirmière originaire de Roumanie travaille en Autriche, son mari et son enfant sont restés en Roumanie. Elle touche désormais une allocation familiale moins élevée que si son enfant habitait en Autriche, le coût de la vie roumain étant inférieur. À l’inverse, si l’enfant réside dans un pays où la vie coûte plus cher (Suisse, Norvège, Suède, Danemark, Liechtenstein), l’allocation est supérieure à celle versée en Autriche.

Quel montant pour l’allocation familiale ?

Depuis janvier 2018, les montants ont évolué. Le montant versé dépend de l’âge de l’enfant. Voici la grille actualisée :

  • Dès la naissance : 114 € par mois
  • À partir de 3 ans : 121,90 € par mois
  • À partir de 10 ans : 141,50 € par mois
  • À partir de 19 ans : 165,10 € par mois

À ces montants s’ajoute un supplément pour fratrie. Plus il y a d’enfants, plus le montant grimpe pour chacun :

  • Deux enfants : 7,10 € par enfant
  • Trois enfants : environ 17,40 € par enfant
  • Quatre enfants : environ 26,50 € par enfant
  • Cinq enfants : 32 € par enfant
  • Six enfants : 35,70 € par enfant
  • Sept enfants ou plus : 52 € par enfant

Les parents qui paient l’impôt sur le revenu bénéficient aussi d’une déduction pour enfant, versée automatiquement avec l’allocation familiale : 58,40 € par enfant, quel que soit l’âge ou le nombre d’enfants. Aucune démarche n’est nécessaire.

Allocation familiale pour enfants en situation de handicap

Lorsque l’enfant présente un handicap grave, l’allocation familiale est majorée : 155,90 € par mois, en plus de l’allocation standard. Ce complément est versé tant que la situation perdure et que le droit à l’allocation familiale reste ouvert.

Un certificat médical est requis pour justifier cette majoration. L’enfant doit avoir un taux d’invalidité d’au moins 50 % et ne pas pouvoir subvenir seul à ses besoins.

Supplément pour familles nombreuses

Les familles comptant trois enfants ou plus peuvent demander un supplément pour plusieurs enfants, en plus de l’allocation familiale classique. Ce supplément s’élève à 20 € par mois pour le troisième enfant et chacun des suivants. Ce montant est intégré à la déclaration annuelle de revenus ou à la cotisation des salariés et doit être réclamé chaque année. Attention : le revenu annuel du foyer ne doit pas dépasser 55 000 € pour en bénéficier.

Comment obtenir l’allocation familiale ?

Tout se fait automatiquement ! Depuis 2015, il n’est plus nécessaire de remplir de formulaire ni de contacter l’administration fiscale pour en bénéficier. Dès la naissance, le service des impôts vérifie les conditions requises et, si tout est en ordre, verse l’allocation familiale sur le compte des parents. Un courrier d’information est envoyé simultanément.

En cas de données manquantes, comme le RIB, le bureau des impôts prendra contact pour obtenir les informations nécessaires.

Pour les jeunes majeurs, seul le parent peut faire la demande, car le droit principal revient toujours aux parents. Un enfant peut prétendre à l’allocation seulement si sa famille ne peut plus subvenir à ses besoins et qu’il ne vit plus sous le même toit. Attention : partir faire ses études ailleurs ne suffit pas à faire tomber ce critère.

À qui l’allocation familiale est-elle versée ?

L’allocation familiale est généralement attribuée aux parents, le plus souvent à la mère. Le père peut en faire la demande s’il prouve qu’il assume principalement la gestion du foyer. La mère peut aussi renoncer à ce droit au profit du père.

Dans le cas d’un enfant mineur en apprentissage ou à l’école, les parents peuvent demander le versement direct sur le compte de l’enfant, via le bureau des impôts.

Après la majorité, l’enfant peut également demander ce versement direct, à condition que les parents signent la demande. Ceux-ci peuvent aussi annuler la demande ou demander le virement direct sur le compte de l’enfant.

Respect des plafonds de revenus

Jusqu’aux 19 ans de l’enfant, les revenus ne sont pas pris en compte. À partir de l’année des 20 ans, le revenu imposable annuel ne doit pas dépasser 10 000 €. Au-delà, le trop-perçu doit être remboursé.

Pendant combien de temps l’allocation familiale est-elle versée ?

L’allocation familiale est versée jusqu’aux 18 ans de l’enfant. Dans certains cas, la durée se prolonge :

  • Si l’enfant poursuit une formation professionnelle
  • Pendant la période entre la fin de l’école et le début de la formation supérieure ou des études
  • Pendant l’intervalle entre la fin d’une classe ou d’un service civil et le début (ou la reprise) d’une formation professionnelle

En revanche, durant le service militaire ou civil, l’allocation n’est pas versée.

Bonus : Prime de rentrée scolaire

Pour chaque enfant de 6 à 15 ans, une prime de 100 € est versée automatiquement en septembre, en supplément de l’allocation familiale. Aucune démarche n’est requise.

L’allocation familiale pour les étudiants

Les étudiants touchent l’allocation familiale jusqu’à leur 24e anniversaire, à condition de respecter la durée prévue des études, avec une tolérance d’un semestre supplémentaire.

Dans certains cas, le versement peut aller jusqu’à 25 ans :

  • Étudiants ayant accompli (ou accomplissant) leur service militaire ou civil le jour de leurs 24 ans et remplissant les conditions pour la formation professionnelle
  • Étudiantes ayant eu un enfant ou étant enceintes avant 24 ans, et dont la formation professionnelle ouvre droit à l’allocation
  • Étudiants présentant un handicap d’au moins 50 %
  • Étudiants engagés dans un volontariat social d’au moins huit mois avant 24 ans
  • Étudiants inscrits dans un cursus d’au moins dix semestres, entamé l’année de leurs 19 ans, sous réserve de respecter la durée minimale jusqu’au premier semestre possible

Attention aux confusions

Les termes allocation familiale, allocation d’attente, allocation de garde d’enfant prêtent parfois à confusion. L’allocation pour enfant, par exemple, n’existe pas en Autriche : elle s’adresse aux familles allemandes et ressemble dans ses modalités à l’allocation familiale autrichienne.

Autre distinction : l’allocation familiale et l’allocation de garde d’enfant sont deux dispositifs séparés. L’allocation de garde d’enfant, parfois appelée à tort allocation maternité, dépend, entre autres, des examens du carnet mère-enfant. Depuis 2017, les différentes formules ont été fusionnées dans le compte Kindergeld. La version liée au revenu existe toujours. Retenez : l’allocation de garde d’enfant relève de l’assurance sociale, tandis que l’allocation familiale dépend des services fiscaux.

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